"Un temps passé par ce magazine où il avait pour habitude de ne parler que de bons groupes, Dimi Dero rejoue, après l’énigmatique « Good Morning Monsieur Edvard », la carte des affres de l’angoisse en couleur. Nickcavien en diable, « Greetings From Trauma » est surtout à situer entre les œuvres méconnues des grands artistes que sont Roland S. Howard ou Kim Salmon. Quitte à trébucher, à hoqueter plutôt que d’éclater en sanglots, son chant outré et à fréquence modulée, a parfois tendance à pêcher par excès de pathos, mais va courageusement jusqu’au bout de la direction choisie. En parfait contrepoint, la voix de Tallulah X est plus fiévreuse que celle de Kylie Minogue (« Your Shallow Grave »). Bien amenés, pianos et cuivres barjos viennent colorer de rouge une atmosphère noire et crapoteuse, qui bout souvent et déborde parfois. Extrêmement chaud, comme l’endroit où il semble avoir été enregistré, « Down In Hell » résonne en écho psychédélique à celui de Jerry Spider Gang. La section rythmique soutient tous les coups, même les plus furieux, et la guitare de Brenko, tournoyante, (« Doob Doob ») ou pyramidale (« Koursk »), se révèle particulièrement inventive. Entouré d’actuels ou ex-membres de Holy Curse, ce qui marque la différence avec des musiciens de studio, « Greetings From Trauma » n’a rien à voir avec l’album de Steeeeeve. C’est quand elle met son dernier euro dans le juke-box que la machine Inc tourne à plein régime mélodique. « People On The Dancefloor » sonne comme une face B grimaçante de Joan Jett et « Dandy’s Daughter » pourrait lui servir de A. Le jour où les radios se décideront à servir autre chose que du faux rock en français avarié... "
Vincent hanon